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La poésie au moyen-âge |
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François Villon :
Villon est le plus grand poëte du Moyen âge et l'un des plus grands poètes lyriques français. Il continue Rutebeuf et annonce Verlaine.
L'auteur : un homme du peuple
1431 : François de Montcorbier - est-ce bien son vrai nom?
Naît à Paris de parents humbles. Recueilli par le chanoine de Villon, qui lui donne son nom.
1455 : Mais de mauvaises fréquentations le compromettent dans une rixe et il est banni de Paris.
Dès lors, on ne retrouve sa trace que grâce aux registres d'écrou des prisons où il échoue tour à tour. Condamné à mort plusieurs fois, il est chaque fois gracié.
1464 : On perd définitivement sa piste: à en croire Rabelais (quart livre), il se serait retiré au couvent.
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L'oeuvre |
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Ses deux oeuvres, le Petit testament, et surtout le Grand Testament (1461) ont été conçues en prison.
Dans le Petit testament, le poëte s'amuse, en 40 huitains, à distribuer autour de lui des "lais" (legs) comiques.
Le Grand Testament reprend la plaisanterie, mais y ajoute sa confession et son repentir.
Il se compose de plus de 170 huitains d'octosyllabes, parmi lesquels s'intercalent des pièces diverses, notamment des ballades.
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Les Regrets de Villon |
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Ou temps qu'Alixandre regna, Ung homs nommé Diomedès
Devant lui on lui amena
Engrillonné poulces et des* (*doigts) Comme ung larron, car il fut des: Escumeurs que voions courir; Si fut mis devant ce cadès* (*capitaine),
Pour estre jugié à mourir.
L'empereur si l'arraisonna :
"Pourquoi es-tu larron en mer?"
L'autre réponse lui donna :
"Pourquoi larron me fais nommer?
Pour ce qu'on me voit écumer
En une petiote fuste*? (* vaisseau léger)
Si comme toi empereur je fusse !"
Quand l'empereur eut remiré
De Diomède tout le dit :
"Ta fortune je te muerai Mauvaise en bonne !" Si lui dit. Si fît-il. Onc mais ne méfit A personne, mais fut vrai homme; Valère pour vrai le baudit* (*assure) Qui fut nommé le Grand à Rome.
Si Dieu m'eût donné rencontrer Un autre piteux Alexandre Qui m'eût fait en bonheur entrer, Et lors qui* m'eût vu condescendre A mal, être ars* et mis en cendre (*brûlé) Jugé me fusse de ma voix! Nécessité fait gens méprendre Et faim saillir le loup du bois!
Je plains le temps de ma jeunesse Auquel j'ai plus qu'autre galé* (*fait la noce) Jusqu'à l'entrée de vieillesse Qui son partement m'a celé. Il ne s'en est à pied allé N'a cheval...Hélas! comment donc? Soudainement s'en est volé Et ne l'a laissé quelque don!
Allé s'en est et je demeure pauvre de sens et de savoir; Triste, failli, plus noir que meure* (*mûre) Qui n'ai cens, rente, ni avoir. Des miens le moindre, je dis voir* (*vrai), De me désavouer s'avance, Oubliant naturel devoir Par faute d'un peu de chevance*! (*fortune)
Hé! Dieu, si j'eusse étudié Au temps de ma jeunesse folle, Et à bonnes oeurs dédié, J'eusse maison et couche molle! Mais quoi! je fuyoie l'école Comme fait le mauvais enfant... En écrivant cette parole a peu* que le coeur ne me fend! (*peu s'en faut)
Mes jours s'en sont allés errant* (*rapidement) Comme, dit Job, d'une touaille* (*pièce de toile) Font les filets, quand tisserand En son poing tient ardente paille : Lors s'il y a nul bout qui saille, Soudainement il le ravit. Si ne crains plus que rien m'assaille, Car à la mort tout s'assouvit!
Où sont les gracieux galants Que je suivais au temps jadis, Si bien chantans, si bien parlants, Si plaisants en faits et en dits? Les aucuns* sont morts et roidis, (*uns) D'eux n'est-il plus rien maintenant : Repos aient en Paradis, Et Dieu sauve le demeurant*! (*reste)
Et les autres sont devenus, Dieu merci! grnd seigneurs et maîtres! Les autres mendient tout nus Et pain ne voient qu'aux fen^tres... Les autres sont entrés en cloîtres De Célestins et de Chartreux, Bottés, housés tels pêcherus d'oîtres*... (*huitres) Voilà l'état divers d'entre eux.
Je connais que pauvres et riches, Sages et fous, prêtres et lais, Nobles, vilains, larges et chiches, Petits et grands, et beaux et laids, Dames a rebrassés* collets (* ouverts) De quelconque condition, Portant atours et bourrelets : Mort saisit sans exception.
Et meurent Pâris ou Hélène, Quiconque meurt, meurt à douleur Telle qu'il perd vent et haleine; Son fiel se crève sur son coeur Puis sue, Dieu sait quelle sueur! Et n'est qui de ses maux l'allège, Car enfant n'a, frère ni soeur Qui lors voulût être son piège*! (*répondant)
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